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Comment photographier un coucher de soleil, et surtout où se placer

Pour photographier un coucher de soleil, l'heure ne suffit pas. Voici comment repérer la direction, tenir compte du relief, et régler l'appareil.

Publié le · 4 min de lecture

La plupart des couchers de soleil ratés ne se jouent pas sur les réglages. Ils se jouent avant, sur le repérage : on arrive au bon moment mais au mauvais endroit, ou au bon endroit une demi-heure trop tard.

Voici la méthode dans l’ordre où elle compte réellement, du repérage au déclenchement.

1. Savoir où le soleil se couche, pas seulement quand

C’est le point que tout le monde saute. L’heure du coucher se trouve partout, la direction presque nulle part, et c’est elle qui détermine votre position.

Le soleil ne se couche plein ouest que deux jours par an, aux équinoxes. Le reste du temps il dérive : vers le nord-ouest en été, vers le sud-ouest en hiver. Sous nos latitudes, l’écart entre un coucher de juin et un coucher de décembre atteint soixante degrés d’azimut, ce qui déplace la scène d’un bout du paysage à l’autre.

Concrètement : le phare que vous vouliez avoir dans le soleil couchant ne sera dans l’axe qu’à certaines périodes de l’année. Le vérifier prend dix secondes et vous évite deux déplacements.

2. Se méfier de l’horizon théorique

L’heure officielle du coucher suppose un horizon plat, celui d’une mer sans obstacle. Presque aucun endroit intéressant n’en a un.

Dès qu’il y a du relief à l’ouest de votre point, le soleil disparaît derrière la crête bien avant l’heure annoncée. Dans une vallée alpine, l’écart entre le jour officiel et la lumière directe réelle atteint couramment une à deux heures. C’est l’erreur qui coûte le plus de déplacements en montagne, et elle est totalement invisible sur une application météo.

La règle de terrain : si vous voyez une ligne de crête à l’ouest, considérez que votre coucher a lieu nettement plus tôt, et arrivez en avance.

3. Connaître les quatre moments, ils ne se ressemblent pas

Un coucher de soleil n’est pas un instant, c’est une séquence d’environ une heure et demie.

  • La golden hour, quand le soleil est entre 6° au-dessus de l’horizon et l’horizon. Lumière chaude, rasante, ombres longues. C’est le moment des portraits et des paysages texturés.
  • Le coucher lui-même, quelques minutes. Le soleil est un sujet, pas une source.
  • L’heure bleue, de la disparition du soleil jusqu’à environ 6° sous l’horizon. Le ciel devient bleu profond et s’équilibre avec les lumières artificielles. C’est le meilleur moment pour l’architecture et la ville, et presque tout le monde est reparti.
  • Le crépuscule, jusqu’à 18° sous l’horizon. Plus rien pour l’œil, mais encore quelque chose pour un capteur en pose longue.

L’erreur classique est de ranger l’appareil au moment où le soleil passe sous l’horizon. Les vingt minutes suivantes sont souvent les meilleures.

4. Les réglages qui changent vraiment quelque chose

Peu de choses, en fait, une fois le repérage fait.

  • Mesurer sur le ciel, pas sur le sol. Sinon le ciel brûle. Sous-exposez d’un tiers à un diaphragme complet, puis relevez les ombres au développement : un ciel cramé ne se récupère pas, une ombre bouchée souvent si.
  • Rester en ISO bas tant que la vitesse le permet. La lumière baisse vite, surveillez la vitesse plutôt que la sensibilité.
  • Balance des blancs en manuel, autour de 5500 à 6500 K. En automatique, l’appareil corrige la couleur chaude que vous êtes précisément venu chercher.
  • Le soleil dans le cadre demande un petit diaphragme. À f/11 ou f/16 il se dessine en étoile, à f/2.8 c’est une tache blanche.
  • Un trépied à partir de l’heure bleue. À ce moment-là, les vitesses tombent sous le trentième de seconde.

5. Photographier un coucher de soleil demande d’arriver une heure avant

C’est le conseil le plus banal de la liste et celui qui change le plus de choses. Une heure avant, vous avez le temps de trouver le cadre, de tester deux compositions, et d’être prêt quand la lumière arrive au lieu de courir pendant qu’elle passe.

La lumière la plus intéressante dure rarement plus de dix minutes. On ne fait pas de repérage pendant ces dix minutes-là.

L’outil que j’utilise pour les points 1 et 2

C’est en butant sur le relief que j’ai écrit Suncam. On pose un point sur la carte, l’application trace la direction exacte du lever et du coucher depuis ce point précis, et analyse les hauteurs tout autour sur un rayon allant jusqu’à vingt kilomètres pour dire à quelle heure le soleil disparaîtra vraiment.

Elle sait aussi répondre à la question de l’axe : à quelles dates le soleil se couchera-t-il dans l’alignement de cette rue, de ce pont, de cette vallée.

Le résumé

Repérez la direction avant l’heure. Regardez s’il y a une crête à l’ouest. Restez vingt minutes après le coucher. Et arrivez en avance.

Écrit par

Teddy

J'ai 37 ans, je vis en Bretagne et je passe mes soirées à concevoir des applications iPhone. J'écris ici ce que j'apprends en les fabriquant, sans enjoliver les parties qui coincent.

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