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Comment préparer une randonnée à la journée sans se tromper de niveau

Préparer une randonnée, c'est regarder le dénivelé avant la distance et la météo de montagne avant celle de la ville. Voici ma méthode en cinq points.

Publié le · 4 min de lecture

La première randonnée que j’ai vraiment ratée faisait onze kilomètres. Onze kilomètres, sur le papier, c’est une promenade. Sauf qu’il y avait neuf cents mètres de dénivelé positif, que je n’avais pas regardé cette ligne-là, et que je suis arrivé au col trois heures après l’horaire que j’avais annoncé à la maison.

C’est l’erreur que tout le monde fait au début : préparer une randonnée en regardant la distance. Voici les cinq choses que je regarde maintenant, dans l’ordre.

1. Le dénivelé avant la distance

En montagne, la distance ne dit presque rien. C’est le dénivelé positif, le nombre total de mètres que vous allez monter, qui détermine la durée et la fatigue.

La règle qui marche : comptez 300 mètres de montée par heure pour un marcheur moyen, et ajoutez la distance à plat à 4 kilomètres par heure. Prenez le plus grand des deux, pas la moyenne. Une sortie de 11 km avec 900 m de dénivelé, ce n’est pas 2 h 45, c’est 3 heures de montée auxquelles s’ajoute la descente.

La descente, justement, on l’oublie toujours. Elle prend environ les deux tiers du temps de montée, et c’est elle qui casse les genoux. Une randonnée n’est pas finie au sommet, elle est finie à la voiture.

2. L’heure de retour, calculée à l’envers

Ne partez pas d’une heure de départ. Partez de l’heure à laquelle le soleil se couche, retirez une heure de marge, et remontez le fil.

C’est le calcul qui change tout en automne. Fin octobre, la nuit tombe à 18 heures dans les Pyrénées. Une sortie de six heures aller-retour doit donc commencer à 11 heures au plus tard, pauses comprises, et 11 heures c’est déjà tard pour un parking d’altitude en week-end.

3. La météo de montagne, pas la météo de la ville

La prévision affichée pour la vallée ne vaut rien à mille mètres au-dessus. Trois chiffres à chercher, dans cet ordre :

  • L’isotherme zéro degré. C’est l’altitude à laquelle il gèle. Si elle est à 2 200 m et que votre col est à 2 400, il y aura du verglas au petit matin sur les portions à l’ombre.
  • Le vent en crête, pas au sol. Cinquante kilomètres par heure dans un col, c’est désagréable. Soixante-dix, c’est dangereux sur une arête.
  • L’heure des orages. En été, ils se déclenchent l’après-midi. Si le risque est annoncé à partir de 14 heures, il faut être redescendu de la crête à 14 heures, pas y arriver.

4. Ce qui va dans le sac, et ce qui n’y va pas

Après quelques années, ma liste s’est raccourcie plutôt qu’allongée.

Ce qui y est toujours : un litre et demi d’eau minimum, une couche coupe-vent même par beau temps, une frontale, de quoi manger deux fois plus que prévu, et la trace hors ligne sur le téléphone. La frontale est celle qu’on ne prend jamais et dont on a besoin une fois tous les trente sorties, exactement le jour où on est en retard.

Ce qui n’y est plus : le trépied, le deuxième objectif, le livre. Un kilo en trop se paie sur chaque mètre de dénivelé.

5. Prévenir quelqu’un, avec l’itinéraire

Une phrase à quelqu’un avant de partir : où vous allez, par quel itinéraire, et à quelle heure vous rentrez. C’est gratuit, ça prend dix secondes, et c’est la seule chose de cette liste qui compte vraiment si les choses tournent mal.

Après la randonnée, le point que personne ne prépare

On prépare beaucoup l’avant, et rien l’après. Six mois plus tard, on ne sait plus si cette sortie faisait 700 ou 1 100 mètres de dénivelé, ni combien de temps elle a réellement pris.

C’est pourtant l’information la plus utile qui soit, parce que c’est elle qui permet d’estimer correctement la prochaine. Mon rythme réel en montée n’est pas 300 mètres par heure, il est plus proche de 380 quand je suis en forme et de 250 en fin de saison. Je ne l’ai su qu’en accumulant des sorties enregistrées.

C’est ce qui m’a poussé à écrire Summit Journal, qui enregistre la trace, le dénivelé et le temps réel de chaque sortie, et en fait un carnet qu’on relit. Ce n’est pas indispensable pour préparer une randonnée. C’est ce qui rend la dixième plus juste que la première.

Préparer une randonnée : ce qu’il faut retenir

Regardez le dénivelé, pas la distance. Calculez votre horaire depuis le coucher du soleil et non depuis le départ. Et prévenez quelqu’un. Le reste s’apprend en marchant.

Écrit par

Teddy

J'ai 37 ans, je vis en Bretagne et je passe mes soirées à concevoir des applications iPhone. J'écris ici ce que j'apprends en les fabriquant, sans enjoliver les parties qui coincent.

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