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Comment faire un carnet de voyage qu'on finit vraiment

Presque tous s'arrêtent au jour quatre. Voici quatre façons de faire un carnet de voyage, ce que chacune coûte en effort, et celle qui tient la distance.

Publié le · 3 min de lecture

Je vais commencer par le chiffre qui m’a fait écrire cet article : sur les six carnets de voyage que j’ai commencés, aucun n’est allé au-delà du jour quatre.

Le scénario est toujours le même. Les trois premiers jours, on note les étapes, on colle les billets, on écrit une phrase le soir. Puis on marche douze kilomètres, on rentre à vingt-deux heures, et le carnet attend le lendemain. Le lendemain, il attend encore.

Ce n’est pas de la paresse. C’est que la plupart des méthodes demandent de l’effort au pire moment possible, c’est-à-dire pendant le voyage, quand on est fatigué et qu’on a autre chose à faire.

Voici les quatre méthodes que j’ai réellement pratiquées, et ce que chacune coûte.

1. Le carnet papier

Un vrai carnet, un stylo, éventuellement de la colle pour les tickets.

C’est de loin le plus beau résultat, et le seul qui produise un objet qu’on transmet. L’écriture à la main ralentit la pensée, ce qui donne des notes meilleures que le clavier. Et il n’a pas de batterie.

Le coût est réel : dix à quinze minutes par soir, tous les soirs, sans exception. C’est soutenable sur un voyage de cinq jours. Sur trois semaines, ça ne tient que si vous aimez sincèrement écrire.

Pour qui : les voyages courts, et les gens qui écrivent déjà.

2. Les notes du téléphone

Une note par jour, quelques lignes, les photos ajoutées au fil de l’eau.

C’est rapide, c’est toujours dans la poche, et ça survit aux journées chargées. Le problème arrive au retour : une suite de notes datées n’est pas un carnet. Il n’y a ni structure, ni lieux, ni parcours, et personne ne relit ça, y compris vous.

Pour qui : ceux qui veulent surtout ne rien oublier, et qui mettront en forme plus tard. En sachant que « plus tard » n’arrive presque jamais.

3. L’application de carnet de voyage à remplir

Polarsteps, Journi et les autres. On déclare le voyage, on ajoute les étapes, on rattache les photos, l’application dessine la carte.

Le résultat est bien meilleur que les notes brutes : il y a une carte, une chronologie, une mise en page. C’est réellement agréable à relire.

Mais on revient au problème de départ : il faut alimenter. Ces applications demandent une saisie quotidienne, exactement au moment où on n’en a pas envie. C’est là que mes six carnets se sont arrêtés.

Pour qui : les voyageurs réguliers et disciplinés, ceux qui tiennent déjà un compte Instagram à jour.

4. Laisser les photos faire le travail

C’est la méthode que j’utilise aujourd’hui, et elle part d’une observation qui devrait être évidente.

Vous avez déjà documenté votre voyage, minutieusement, sans y penser. Neuf cents photos, chacune horodatée et géolocalisée par le téléphone au moment de la prise. Les dates, les lieux, l’ordre du parcours, la durée passée à chaque endroit : tout est déjà là, écrit dans les métadonnées.

Le carnet existe donc déjà. Personne ne l’a simplement jamais lu.

C’est ce constat qui m’a fait écrire Soñj : l’application lit ces métadonnées, reconstruit les voyages avec leurs étapes et leurs lieux sans qu’on saisisse quoi que ce soit, puis en compose une affiche à imprimer. Le travail se déplace entièrement après le voyage, quand on a du temps et de l’envie, et il consiste à corriger plutôt qu’à créer.

Pour qui : ceux qui prennent beaucoup de photos et n’ont jamais réussi à tenir un carnet.

Faire un carnet de voyage : le seul critère qui compte

Quelle que soit la méthode que vous choisissez, choisissez celle qui demande le moins d’effort au moment où vous êtes en voyage. C’est le seul moment où l’effort est réellement coûteux.

Un carnet magnifique abandonné au jour quatre ne vaut rien. Une méthode médiocre qui va jusqu’au bout vaut infiniment plus.

Et un conseil qui vaut pour les quatre

Quand vous notez quelque chose, notez pourquoi ça vous a marqué, pas ce que c’était. « Le café où le patron nous a expliqué la grève » se relit dans dix ans. « Café à Lisbonne » ne se relit pas du tout.

Écrit par

Teddy

J'ai 37 ans, je vis en Bretagne et je passe mes soirées à concevoir des applications iPhone. J'écris ici ce que j'apprends en les fabriquant, sans enjoliver les parties qui coincent.

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